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Zoom sur le processus créatif de L’Atlas

Peux-tu nous rappeler qui tu es ainsi que ta pratique artistique ? 

Je m’appelle Jules Dedet Granel, plus connu sous mon pseudonyme d’artiste : L’Atlas.
Je suis peintre et je pratique également la photographie argentique.

Quel est ton parcours, comment as-tu commencé à créer ? 

J’ai commencé à m’intéresser à la calligraphie, à la typographie, au graffiti, et au Signe (au sens Barthien du terme*) quand j’étais adolescent dans les années 90 à Paris. J’ai ensuite voyagé pendant les années 2000 afin de rencontrer, filmer et recevoir la connaissance pratique de calligraphes dans différents pays comme le Maroc, l’Egypte, la Syrie, la Chine, et le Japon. J’ai au fur et à mesure digéré ces différentes influences calligraphiques pour les associer avec d’autres courants de l’histoire de l’art comme l’Art Optique, l’Abstraction Géométrique, l’Art Minimal ou encore l’Abstraction Lyrique.

Mon désir étant de faire se fusionner l’art de l’écriture et l’histoire de la peinture ; peindre l’écriture et écrire la peinture est l’axe de réflexion de ma pratique, à travers une œuvre plastique géométrique et totémique qui se veut universel, « Atlasique ». Il s’agit d’une œuvre picturale située à l’intersection entre le geste et son intention, entre le processus de création et l’idée finale de l’œuvre. Il s’agit ici de lire chaque forme comme une lettre et chaque lettre comme une forme. De lire la peinture et de contempler l’écriture. Je peins/écris de manière quotidienne en atelier depuis 20 ans pour exprimer cette vision à la fois concrète, abstraite et universelle, qui cherche à faire disparaître les frontières entre différents courants de l’Histoire de l’Art et de les faire fusionner par l’intermédiaire de ma pratique.

Je réalise également des fresques murales monumentales et mène à bien un projet de photographies avec mes 7 premières toiles que je mets en scène sur les villes de la carte du monde.

Au quotidien dans ton travail d’artiste, qu’est-ce qui t’inspire ? Quel est l’élément déclencheur pour la création d’une œuvre ?

Cela peut être aussi bien par la visite d’une exposition que par la vision d’une plaque d’égout ou d’un échafaudage par exemple. Je suis inspiré à la fois par la contemplation du monde architectural urbain, que par la vision digérée de ce monde par d’autres artistes que j’assimile par la connaissance de leurs œuvres.

Peux-tu nous expliquer la manière dont tu construis une œuvre ? Quelles sont les différentes étapes de création ? 

Je m’adonne à trouver toutes les formes possibles du mot L’Atlas. En touchant les limites de la lisibilité de la lettre et du mot. Je renforce ainsi son abstraction en même temps que l’universalité de l’œuvre picturale produite. Pour cela je procède d’abord à un travail de typographe, (c’est-à-dire que je dessine mes lettres sur papier au crayon). Je les vectorise par la suite sur Illustrator, puis procède à des petits calculs mathématiques pour pouvoir inscrire ma « forme écrite » au centre d’un support. Je peux réaliser ces formes de manière pures et minimales principalement en noir et blanc, ou bien les superposer à des fonds gestuels abstraits faisant ainsi discuter l’Abstraction Froide (Géométrique) et l’Abstraction Chaude(Gestuelle).
Parfois je crypte mes logogrammes avec des damiers de carrés ou des portées de lignes afin d’augmenter la vibration du tableau et d’abstraire encore plus profondément le mot de sa lisibillité. Je mène à bien également des séries d’estampes réalisées à partir de grands tampons, que je viens approcher avec des pratiques gestuelles comme le « dripping » ou l’abstraction lyrique.

*Lire « l’empire des signes » de Roland Barthes.

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